Ze Blog à part

04 juillet 2014

Le retour I am back

Salut à tous. Ah bon personne ne vient sur le blog? Pas de problème.

Oui alors quoi? Rien. Si. Cela faisait un bien long moment que j'avais quitté le blog pour créer un site. J'en avais envie. Je l'ai fait. Et maintenant cela fait un bien long moment aussi que je ne fais plus rien sur le site. Il y a tellement longtemps que j'ai laissé tomber le site que je me demande si je n''ai pas tout oublié? Certes si je remettais les mains dedans(le cambouis) je pense que je pourrais rapidement reprendre le contrôle du truc. Mais je crois que la paresse l'emporte. C'est plus restrictif un blog(ou un site) clés en mains mais c'est aussi beaucoup moins de boulot. Paresse. je disais paresse. Bon on va voir ce que va donner ce retour au blog. Au Ze blog à part.

 

 

Hi there everybody. Oh nobody around? No problem.

Yes? Nothing. Yes. It has been quite a while since I left this blog to create a website. I wanted to very much. I did it. And now it has been a while since I have posted anything at all on my website. Such a longtime i have done nothing that I wonder whether I would remember how to do things.Certainly I woud need to practise a bit and it would come back. But I think I am lazy. A ready to use blog, a ready to use website sure are so much less flexible but as I said it all boils down to laziness. OK we will see what it will turn out to be to be back on the blog on Ze blog à part.

 

 

 

 

 

 

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23 janvier 2011

Ouverture de mon site. Website opening...

Comme vous l'avez sans doute remarqué il y a un moment que je n'ai rien posté sur le blog. Ce n'est pas que je manquais de matériaux pour cela. Non. Mais d'une part j'ai décidé de commencer à utiliser mon site sans compter que je passe pas mal de temps à travailler sur mon site(en collaboration avec mon frère Philippe), comprendre comment ça marche, accessoirement me casser les dents à faire (re)fonctionner un serveur en local qui pour des raisons inconnues refuse de marcher depuis quelques jours. OK tout ça pour dire que je ne posterai plus sur le blog mais qu'il reste accessible. Vous pouvez donc toujours le visiter si le coeur vous en dit.

Quant au site c'est: http://www.laumerid.org

 

 

As you have probably noticed it has been some time that I haven't posted anything on my blog. Not because I had a lack of stuff. Not really. But on one hand I had decided to start using my site and on the other hand I have been spending much time working on my site(in partnership with my brother Philippe), understanding how it works, secondarily putting myself out to make my local server work again as it has stopped working for no reason at all unexpectedally for a few days. All this to say that I won't post anymore on my blog but it's still open. You can still visit it if you wish so.

As for my site it's here: http://www.laumerid.org

 

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03 janvier 2011

Voilà...

Ah oui cela commençait à faire long, 2 semaines c'est long. Mais il est là, et on n'aura pas attendu en vain. L'humour toujours acide est là, pas à dire, ça décape et ça fait du bien. Bon je ne vais pas vous faire languir plus que ça...

 

 


MediaPorte # 15: «Meilleurs vœux»
envoyé par Mediapart. - L'info internationale vidéo.

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01 janvier 2011

Encore une couche(Médiapart).

Je ne peux résister.

Vœux présidentiels: petit exercice de lèche-Majesté

  • Les vœux présidentiels tomberaient dans l'oubli aussitôt que prononcés, s'il n'y avait leur sillage rhétorique, cette traînée baveuse qui s'étend d'ondes en ondes: la voiture-balai des propos élyséens, qu'incarnent des journalistes, payés pour régresser de l'analyse à la paraphrase.

    Le sous-développement de l'information en France, à chacune de telles étapes cathodiques, saute à l'ouïe: le Président a dit. On se croirait dans le Togo des Eyadema de père en fils. Les thuriféraires à carte de presse encensent: ils dispensent à qui mieux mieux les «éléments de langage».

    Librement inspiré des Exercices de style de Raymond Queneau, voici un petit entraînement fictif, qui risque, hélas!, d'apparaître véridique ce 31 décembre, dès 20h12...

    Notations

    Le président de la République a présenté ses vœux aux Français. Nicolas Sarkozy, se voulant calme et confiant, a rappelé les atouts de la France dans un monde en crise qu'il entend contribuer à réformer en cette année 2011, à la fois cruciale et chargée d'espoir.

    Métaphoriquement

    Le chef de l'État s'est élevé jusqu'au sommet de sa fonction pour déployer son verbe poli par l'expérience et prendre ainsi sous son aile tous les damnés de la crise. Le char de la nation trouve enfin son aurige, qui nous épargnera le mur et relancera l'Hexagone dans la course planétaire.

    Surprises

    Ce que le président est apparu serein! Comme il est loin le temps où nous pouvions douter de son adéquation à la fonction! Qu'a-t-il fait? Rien de moins qu'un tête à queue en terme d'image! Et devinez ce qu'il nous dira l'année prochaine à la même heure? Que tant d'erreurs réparées, de réformes engagées, de refondations entreprises, ne sauraient rester en plan! Et ensuite, le second quinquennat paraîtra bien court! À ne pas croire!

    Rêve

    Il nous semblait, dans cette nuit froide et constellée d'un hiver qui n'en finit pas, que la lumière venue de l'Élysée nous annonçait la fin du cauchemar politique. Un homme doux et altruiste nous tendait la main pour nous tirer du ruisseau. Avec lui, la crise n'est déjà plus qu'un mauvais souvenir. Son sourire engageant était un gage d'avenir. Il fait si bon s'endormir après de telles paroles.

    Hésitations

    Vous avez peut-être eu la même impression que moi, mais j'ai bien cru voir la fin du tunnel dans ce qui m'est apparu comme une promesse d'avenir avec ce qui avait l'air de clore une année somme toute un brin difficile pour ce que d'aucuns appellent la droite, mais où il faut certainement voir, sait-on jamais et à tout prendre, la France. Il m'a semblé que la hauteur était au rendez-vous et que le rassemblement suivrait.

    Précision

    Aussitôt 20 heures, on ne voyait que lui. À 20h02, on entendait L'Appel. Dès 20h04 retentissait L'Unité. Il n'était pas 20h07 que s'imposait Le Salut. 65 millions de Français se sont reconnus dans ce mètre 65 centimètres.

  • Le donjon du seigneur qui accueillait les faibles et les menacés

    Distinguo

     

    Dans des vœux (qu'il ne faut pas prendre pour un discours du 14 juillet), un Président (qui n'est surtout pas encore candidat) se doit de rassurer (et non plus de cliver). Nicolas Sarkozy (et pas Sicolas Narkozy), qui prend de l'assurance (ne pourrait-il en 2011 être à la fois grand-père et papa?), refondera la République (qu'il ne faut pas confondre avec un royaume d'opérette) en protégeant les citoyens (et pas ses sujets comme sous l'Ancien Régime).

    Onomatopées

     

    Dans le palais, miam miam, de l'Élysée (et toc!), le Président (bling bling c'est fini!), le soir du réveillon, ding din don, ding din don, prit la parole, pouet pouet, et malgré la colère du peuple, rreuh, rreuh, se souhaita le meilleur (ouaf! ouaf!) en ne nous oubliant pas, hm, hm...

    Apocope

     

    Nico Sark, dans le Pa de l'Ély, a fait une allo fabu. Les Fran sont éto par tant d'opti. L'an pro sera déli. Le bon sera au rend. Bra l'art!

    Moi je

     

    Moi je ne cacherai pas la très forte impression qu'il m'a faite. Un aussi fier Président, qui ravale sa rancune et vous prend dans ses bras quelles que soient vos opinions, moi ça me rappelle le donjon du seigneur qui accueillait les faibles et les menacés au Moyen-Âge. Je n'irai pas par quatre chemins: cet homme si moderne, qu'il se soit montré capable de retrouver d'antiques réflexes protecteurs, j'en ai été scié. Et je suis sûr que je ne suis pas le seul.

    Exclamations

    Tiens! Alors là! Chapeau! Oublié le casse-toi! Un Père aubergiste ce Père de la Nation! Pour sûr! On est prêt à le croire! À le suivre! À l'élire! Encore et toujours! Pour les siècles des siècles! Trop fort, le Président! Et le Président de tous, hein!

    Ampoulé

    À l'heure où ne blanchit pas encore la campagne mais où les étoiles nous éclairent sur l'essentiel, un sage est né, qui s'imposa aux esprits déroutés par tant d'affaires aux miasmes horrifiants. Qui oserait encore penser un instant aux enveloppes kraft de l'affaire Bettencourt en voyant la sobriété même, sous les ors d'une République chancelante, qui toutefois doit tant à l'audace salvatrice d'un Président ne faisant que passer, mais que nous voudrions tant retenir ? La funeste Discorde ronge la Nation prise de vertiges indécis et fâcheux. Comme un berger majestueux apte à guider le craintif troupeau, l'excellent Nicolas Sarkozy, auquel nous pouvons tresser ce soir des lauriers, a définitivement tracé la voie, nonobstant les critiques aigrelettes proférées ici ou là.

    Précieux

    C'était une nuit sans lune sinon sans nuages, mais l'homme des journées continues n'en avait cure, qui délaissait la flamboyance passée pour affronter la crise au front de taureau. Palpitant de bienveillance, ivre de philanthropie, récusant hic et nunc les renoncements tragiques des aboulies françaises, il usa des grands moyens de communication sociale pour que l'esprit public renaquît par son truchement débonnaire et sous sa férule avisée. Cette énigme de nos cimes possède un nom suave, qui roule d'électeur en électeur tel un nouveau soleil d'Austerlitz du suffrage universel: Nicolas Sarkozy.

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L'après 2012.

Oui c'est vrai que quand on le voit dans cet état il arrive à inspirer de l'empathie, quoique. J'imagine assez bien une victoire de Mélanchon donc la dissolution de la 5 ième république, une assemblée constituante et une nouvelle mais authentique nuit du 4 août(1789- sauf qu'elle aura lieu en mai): fin de tous les privilèges extravagants des charlots qui nous gouvernent...des passe-droits etc. N S sdf! Du jour au lendemain...Mais pas que lui, hein on est d'accord. Pendant 5 ans histoire que cela entre bien dans leur caboche, leur donner une chance de comprendre...On peut rêver on est ici dans le virtuel...

                      Apr_s_2012  

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Inutile de dire...

Que le billet précédent est à partager sans retenue, modération aucune. OK, je pense que certains des précédents billets(si pas tous, bon restons modestes non pas tous) c'est pareil.

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Il faut bien ça pour pouvoir le regarder...

Faut que j'avoue que c'est la première de ma vie que des mecs pareils(sarkopèrefouettard, hortepèrefouettard bessonpèrefouettard, bref toute cette équipe de pieds nickelés) me foutent tellement la nausée que dès que je les vois apparaître j'éteins la télé, dès que je les entends j'éteins la radio. Alors bon je ne sais pas ce qui me prend aujourd'hui, la grâce? mais j'ai bel et bien écouté les voeux de cet enc de cet enf de ce pied nickelé. Je vous demande d'avoir la même dose(oui je sais faut qu'elle soit énorme) d'empathie et donc d'écouter cet enc cet enf (cornes bleues mère Ubu je vais y arriver ou quoi?) notre(ah bon vous êtes comme moi, ce n'est pas le vôtre?) président de la république(ça veut dire quoi ça?). 

Si vous décidez d'écouter vous serez je pense récompensés quelque part...

 

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30 décembre 2010

Des voeux dignes...


Les vœux de Stéphane Hessel pour 2011 sur Mediapart
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Crise au Sarkozistan suite

En fait c'est sur Médiapart que j'ai vu l'article qui m'a amené sur le bouquin puis la vidéo...

Ah, dommage que je ne puisse continuer l'abonnement à Médiapart, c'est comme ça.

 

http://www.mediapart.fr/print/105567

Sarkozy l'Innommable devenu

 

30 Décembre 2010 

par Antoine Perraud

Les temps sont à l'indignation, sœur de la résistance: «Créer, c'est

résister. Résister, c'est créer.» Ainsi parle ou écrit Stéphane Hessel, dans

le droit fil du programme du Conseil national de la Résistance (CNR),

adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944.

Après bientôt quatre ans d'une présidence Sarkozy ayant échauffé les

esprits, l'indignation peut-elle encore laisser toute sa place à l'ironie, qui

suppose une prétendue soumission à l'ordre des choses, une

compréhension surjouée de la raison d'État et de son cortège d'injustices,

un acquiescement badin à tout ce qui nous scandalise?

Simuler l'ignorance, s'interroger naïvement, pousser jusqu'au bout mais

avec légèreté les plus affreuses logiques à l'œuvre, voilà ce qu'avait réussi

Jonathan Swift (1667-1745) par la grâce de sa Modeste proposition pour

empêcher les enfants des pauvres dʼêtre à la charge de leurs parents ou

de leur pays et pour les rendre utiles au public (1729). Dans ce pamphlet

inégalé, Swift suggérait de consommer la chair des nourrissons pour

enrayer la surpopulation et les disettes affligeant l'Irlande. Il se livrait à

des extrapolations dignes d'un technocrate du XXe siècle: «En supposant

qu'un millier de familles de cette ville achèteraient régulièrement de la

viande d'enfant, indépendamment de ce qui s'en consommerait dans les

parties de plaisir, particulièrement aux noces et baptêmes, je calcule que

Dublin en prendrait environ vingt mille par an, et le reste du royaume (où

probablement il se vendrait un peu meilleur marché), les quatre-vingt

mille autres.»

Huit ans plus tôt, en France, le baron de Montesquieu (1688-1755) avait

allumé les Lumières en publiant, hors des frontières, ses Lettres persanes

(1721), pourchassées dans le royaume. La langue utilisée se fit l'écrin

même de l'ironie: «Je trouve, Ibben, la providence admirable dans la

manière dont elle a distribué les richesses: si elle ne les avait accordées

qu'aux gens de bien, on ne les aurait pas assez distinguées de la vertu, et

on n'en aurait plus senti tout le néant. Mais quand on examine qui sont les

gens qui en sont les plus chargés, à force de mépriser les riches, on en

vient enfin à mépriser les richesses.»

Ou encore: «Que les législateurs ordinaires nous proposent des lois pour

régler les sociétés des hommes; des lois aussi sujettes au changement que

l'esprit de ceux qui les proposent et des peuples qui les observent: ceux-ci

ne nous parlent que de lois générales, immuables, éternelles, qui

s'observent sans aucune exception, avec un ordre, une régularité, et une

promptitude infinie, dans l'immensité des espaces.»

Se hissant jusqu'en un tel sillage, Crise au Sarkozistan, (avec une préface)

de Daniel Schneidermann, s'ouvre sur un chapitre en forme de coup de

chapeau à Montesquieu: «Des lois et de leur contournement.» L'écriture

est talentueuse: «Dans tous les Palais de Justice du Sarkozistan trône une

effigie: une déesse aux yeux bandés, qui figure la Justice. Dans la

mythologie locale, la Justice est aveugle. Elle traite le riche comme le

pauvre, l'ouvrier au salaire minimum comme le patron aux stock-options,

le gamin des ghettos comme le policier.» Toutefois, la phrase suivant

sonne le glas de l'ironie, jetée aux oubliettes par l'indignation: «C'est

évidemment une farce.»

Le Sarkozistan se voit stigmatisé plutôt que faussement loué. Jean-Pierre

Elkabbach n'est pas appréhendé tel un loukoum mais comme un sac de

noix: «Ses interviews sont truquées. Ainsi, se glorifiant de recevoir "pour

la première fois" le dirigeant d'une grande banque délinquante,

responsable d'une grave crise financière, Elkabbach s'est-il rendu, une

fois de plus, ridicule : ayant manifestement disposé des questions à

l'avance, l'invité lisait laborieusement ses réponses (ce que montraient les

caméras installées dans le studio, à la grande joie des internautes).»

L'ironie eût consisté à priser le dispositif enchanteur du vétéran des

ondes, capable de transformer un banquier en Vladimir Nabokov

dissimulant ses notes chez Bernard Pivot le 30 mai 1975. L'ironie eût

commandé de s'offusquer plus que de raison des caméras scélérates ayant

dévoilé le stratagème, pour la plus grande cruauté moutonnière des

troupeaux d'internautes...

Crise au Sarkozistan se pose en pastiche d'une œuvre d'Ancien Régime,

mais s'inscrit en signe des temps actuels. Il porte l'empreinte des

mutations techniques, économiques et industrielles en cours, puisqu'il a

refusé de passer sous les lourdes et lentes fourches caudines de l'édition

officielle, pour aller se faire publier ailleurs, en ligne, sur le site

lepublieur.com, qui a déjà écoulé 18.000 exemplaires de ce libelle aux

quatorze chapitres vengeurs.

À l'heure où brame le Mélenchon

Crise au Sarkozistan se repaît de l'échec du politique et, à défaut de

changer le monde, entend changer notre regard sur le monde. Comme la

littérature. Mais le journalisme reprend ici ses droits: on attendait

Montesquieu et on débouche sur la grande colère du Père Duchesne dans

la ligné des hébertistes, ou bien sur les fureurs civiques du Captain Cap

auquel Alphonse Allais faisait dire, cent ans plus tard, lors des législatives

de 1893: «Après vingt ans de mer et de Far-West, lorsque je remis le pied

sur le cher sol natal, qu'y trouvai-je? Mensonge, calomnie, hypocrisie,

malversation, trahison, népotisme, concussion, fraude et nullité.»

Crise au Sarkozistan marque peut-être l'impossibilité de se hausser

jusqu'au caprice littéraire, alors que grondent les révoltes, que craquent

les privilèges, que s'écroule un système. Comme si, à l'heure où brame le

Mélenchon, nous ne saurions nous égarer en d'inutiles exercices de style

propres aux talons rouges. Comme si les railleries se ressentaient des

méchantes manières de leur cible: la trivialité sarkozyenne tirant vers le

bas, l'ironie se fait alors terre à terre pour devenir combat. Le public y

trouve son compte et encourage en abaissant le pouce, lavé du «mélange

de connivence, d'arrogance et de crainte» caractéristique, selon

Schneidermann, du Sarkozistan.

À l'ironie dégradée de ce samizdat du post-capitalisme né hors des

sentiers battus de l'édition, répond l'ironie débridée de Patrick Rambaud

(de l'académie Goncourt), dans sa Quatrième chronique du règne de

Nicolas Ier, couvée par la très officielle maison Grasset. Paradoxe: le ton

normatif vient des catacombes, le style désarçonnant tombe d'une maison

ayant pignon sur rue du VIe arrondissement de Paris...

Là aussi, il y a cependant méprise littéraire. Le duc de Saint-Simon

(1675-1755), même si sa phrase s'ébroue en liberté, sent son grand

seigneur du Grand Siècle. Son écriture n'a pas la conscience historique

de ces sismographes des Lumières que furent ses contemporains,

Montesquieu et Swift. Or c'est vers ce dernier que Rambaud tire le duc,

comme il ne s'en cache pas (p. 163), au sujet des enregistrements pirates

de l'affaire Bettencourt: «Les riches prennent des valets pour des meubles

et ils ont tort. Il faut relire les Instructions aux domestiques que M. Swift

commença à écrire en 1731 mais qui demeurent vivantes.»

D'où le plaisir, déjà souligné dans ces colonnes électroniques, de lire

chaque janvier la chronique de l'année scolaire précédente, sous la plume

de ce Saint-Simon à l'ironie sous amphétamines: «La gazette électronique

de M. de Plenel, laquelle s'intitulait Mediapart, récupéra les vingt-huit

cassettes d'enregistrement pour les distiller comme un feuilleton. Cela fit

hurler les proches de Notre Fier Monarque. Le baron Bertrand accusa des

méthodes fascistes, M. Raoult du Raincy compara avec ces gazettes de

Cuba où l'on pouvait dénoncer son voisin, le duc de Nice, M. d'Estrosi,

déclara que cela lui rappelait le comportement d'une certaine presse

d'avant sa naissance, dans les années trente, le Transfuge Besson compara

aux procès de Moscou, Mme de Morano avec son parler de rogomme

s'exclama que tout n'était que ragots et déclarations anonymes. Pourquoi

diable s'enflammaient-ils? Parce que leur système s'effondrait; les liens

étroits entre la grosse galette et le Parti impérial sortaient au jour. On y

rencontrait dans les conversations piratées des noms de gens qui

aideraient à étouffer l'affaire parce que la Grande Duchesse finançait

depuis longtemps Notre Vorace Monarque.»

Entre le brocard de Daniel Schneidermann, qui sourit comme Caton le

Censeur, et le brûlot de Patrick Rambaud, qui se formalise avec des

accents moliéresques, pendouille la clef de voûte avilie de nos institutions:

l'actuel président de la Ve République, jamais nommé dans l'un comme

dans l'autre livre.

Comme si Nicolas Sarkozy, tel un Yahvé cul par-dessus tête, un Très Haut

devenu Très Bas, voyait son nom tenu pour imprononçable afin d'exprimer

l'infinie petitesse d'un homme politique absolument fichu... sauf en cas

d'élections!

Crise au Sarkozistan, préface de Daniel Schneidermann

(www.lepublieur.com, 94 p., 10€).

Quatrième chronique du règne de Nicolas Ier de Patrick Rambaud

(Grasset, 178 p., 14€), en librairie le 5 janvier.

Voir également sous l'onglet «Prolonger».

Lire Aussi

Signé Furax Rambaud

Culture-Idées

Daniel Schneidermann

Nicolas Sarkozy

Patrick Rambaud

 

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Il y a des jours comme ça...

où tout tombe tout cuit un clic ici un clic là et oh merveille on tombe sur un pamphlet qui donne de l'air, de l'espace.

                            Crise_au_Sarkozistan__un__tat_voyou

et puis encore un clic on arrive là:

 

 


Crise au Sarkozistan - Le Making-of arretsurimages.net
envoyé par asi. - L'actualité du moment en vidéo.

ENJOY!

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